S’étalant sur un territoire à structure tripolaire, Saint-Louis se déroule sur 10 km, et se décompose, d’Ouest en Est, de la manière suivante : la Langue de Barbarie, l’Ile et Sor. Une telle situation géographique en fait un site agréable au climat doux pour une longue partie de l’année. Saint-Louis s’honore d’un passé historique prestigieux, enveloppé d’une atmosphère mythique, voire mystérieuse. Il était l’une des plus importantes villes d’Afrique, l’une des plus anciennes, la plus active politiquement et économiquement et la mieux urbanisée.

Saint-Louis souffrait et souffre encore, de nos jours, de deux faits historiques : ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.) puis du Sénégal, Saint-Louis a, aujourd’hui, perdu tous ces atouts. Cette ville est désormais dépossédée de ses titres et se trouve comme «  décapitée ». Elle se sent parfois comme délaissée dans la mesure où la perte de sa place centrale s’est accompagnée, inéluctablement, d’une réduction de son ensemble administratif, de sa puissance économique, de son infrastructure, voire de son influence culturelle. Par exemple, le Port comme la Gare, anciens pôles économiques, sont actuellement dans une léthargie, espérant reprendre, un jour, leur vie d’antan.

La croissance démographique de la ville de Saint-Louis est importante. En 2002, sa population était estimée à 180 000 habitants et, pour aujourd’hui, elle dépasse 230 000 habitants. Le tourisme y est florissant.

La vie individuelle et sociale actuelle est imprégnée à la fois de ce passé fabuleux et d’un présent ardu contre lequel l’on est amené à lutter sans cesse pour vivre.

Le phénomène religieux

D’une manière générale, le Nord du Sénégal passe pour un « grenier » de croyants musulmans. C’est vraiment un bastion de l’Islam au pays de la « Téranga ». Les trois Régions administratives, Saint-Louis, Louga et Matam comprennent des croyants musulmans profondément imprégnés du fond religieux islamique.

Jadis dans l’Ile de Saint-Louis, les deux quartiers du Nord et du Sud se distinguaient par la religion de leurs habitants. Ainsi le Sud regroupait les Européens et les Métis plutôt catholiques. Tandis que le Nord comportait les populations musulmanes.

Le transfert de la capitale à Dakar a inéluctablement provoqué le départ de nombre d’Européens et de Métis, ce qui, du coup, a entraîné la diminution des catholiques dans l’Ile de Saint-Louis.

L’islam comme religion majoritaire

Une autre donnée non moins déterminante et fort significative au regard de notre pastorale diocésaine, est l’Islam. Le diocèse de Saint-Louis se situe dans un milieu très islamisé où les musulmans constituent la composante majoritaire : 90,65%. La pastorale diocésaine ne saurait en aucune manière se passer de cette réalité irréductible. Il convient, toutefois, de signaler que l’islam saint-louisien est actuellement un islam ouvert, accueillant, voire sympathique.

La distance entre certaines paroisses

La distance est dans ce diocèse une donnée incontournable. Elle relève du fait que l’entité diocésaine comporte les trois Régions administratives susmentionnées. Par exemple, la paroisse des Martyrs de l’Ouganda dans la Région de Matam, pour ne citer qu’elle, est la plus lointaine : elle se trouve à plus de 400 km de Saint-Louis. La pastorale diocésaine en ressent dans l’organisation des réunions, des sessions, des récollections et des visites pastorales.

La mobilité des chrétiens fonctionnaires catholiques

La mobilité des fonctionnaires catholiques est un fait indéniable. Saint-Louis n’étant plus une capitale, l’emploi, dans cette cité, se raréfie et le chômage s’accroît. L’embauche s’y amenuise : ainsi donc les autochtones, surtout les jeunes, émigrent  à la recherche du travail à Dakar et dans les autres villes du Sénégal ou ailleurs. Un bon nombre des fonctionnaires affectés à Saint-Louis y compris les catholiques sont originaires des autres régions du Sénégal ou d’ailleurs. Il importe de noter, cependant, que le problème de l’émigration se pose aussi bien à Saint-Louis que dans les deux autres Régions du diocèse : Louga et Matam. A vrai dire, presque seules l’Administration et certaines sociétés et ONG recrutent. Les mutations des fonctionnaires sont ici fréquentes comme partout ailleurs. La pastorale diocésaine en subit les conséquences en ce sens que cette mobilité porte préjudice à la continuité dans la programmation et l’accomplissement des activités pastorales.

La persistante référence des chrétiens à leur village natal et / ou à leur paroisse d’origine

C’est certainement la donnée la plus néfaste. Les fonctionnaires catholiques affectés à Saint-Louis restent naturellement attachés à leur village natal et se réfèrent souvent plus à leur paroisse ou à leur diocèse d’origine qu’à ceux du lieu de leur affectation. Ils se disent que quelle que soit la durée de leur affectation, ils rejoindront un jour la terre natale, legs de leurs ancêtres. L’une des conséquences de cette attitude, c’est le manque de séminaristes et, partant, de prêtres, tenant au fait que les parents préfèrent envoyer leurs enfants désirant être prêtres dans leurs diocèses d’origine.

Mais il est bon de relever que cette attitude n’est pas immuable : la sensibilisation entreprise au cours des journées des vocations et lors des visites pastorales laissent présager des changements importants.

Les grands séminaristes du Diocèse de Saint-Louis (7) :
Séminaires Saint Paul Ndiaffate St Jean-Marie Vianney de Brin (Philosophie) Libermann de Sébikhotane (Théologie)
Grands Séminaristes

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La jeunesse scolaire et universitaire

Saint-Louis, siège du diocèse, est, nul doute, l’un des principaux pôles éducatifs du pays. Il est la deuxième ville universitaire du Sénégal. Il abrite plusieurs établissements préscolaires, élémentaires, secondaires, publics et privés, ainsi que des centres de formation professionnelle. Il a le privilège d’avoir dans son site la prestigieuse Université Gaston BERGER et le célèbre Prytanée.

Il sied de noter deux illustres lycées dont la renommée a survécu plusieurs siècles : le Lycée Faidherbe et le Lycée André Peytavin

Le problème de l’eau

Le Nord du Sénégal se conjugue avec la sécheresse et le désert. La plupart des Sénégalais le considèrent comme une zone sèche et désertique, parsemée d’arbustes épineux. Il est doté d’un climat chaud à Matam, à Podor, à Louga et à Linguère, et moins chaud à Saint-Louis. L’insuffisance pluviométrique est notoire dans tout le nord du pays.

Matam est située à un niveau très bas par rapport à la mer. Ainsi, dès qu’une pluie assez abondante y tombe, les inondations y créent des dégâts tels que l’impraticabilité des routes, voire l’écroulement de maisons.

Saint-Louis est une île située, elle aussi, très bas par rapport à la mer. Elle est entourée par l’océan atlantique, les bras du fleuve Sénégal et des affluents. On l’appelle la ville de l’eau, tant il est vrai que celle-ci est omniprésente. En 2003, l’Ile de Saint-Louis a évité de justesse la catastrophe: elle a failli être entièrement inondée. La solution apportée à la menace d’inondations a été l’ouverture d’une brèche sur l’océan. Cette solution, heureuse en son temps, n’est-elle pas un futur danger pour l’Ile?