Joseph Landreau, né à Vannes le 26 février 1908, fut baptisé le lendemain dans l’église de St-Pierre. Sa famille émigra dans le diocèse de Poitiers en 1915. En 1917, à la mort du père mobilisé, les trois enfants furent pris en charge à Niort par l’Office départemental des Pupilles de la Nation. 

Joseph fit ses études primaires à Bressuire, et sa communion solennelle àMoutiers-sous-Argenton, où résidait son tuteur, Mr Gobin, marié à Emilie Landreau. Joseph entra ensuite au petit séminaire de Montmorillon, comme l’avait fait son cousin germain, Julien Gobin, qui, novice-clerc spiritain mobilisé, fut tué près d’Arras en 1915. C’est en souvenir de lui que Joseph Landreau voulut prendre place dans la congrégation du Saint-Esprit.

Il accomplit son noviciat à Orly et fit profession le 8 septembre 1928. Après lui avoir accordé d’excellentes appréciations à tous points de vue, le P. Faure, maître des novices, notait : « M. Landreau pourra rendre de très bons services, si sa santé se remet ». Sa vie en effet avait été gravement en danger durant le noviciat, par suite d’une attaque violente de la tuberculose pulmonaire. Après avoir bénéficié de deux années de soins médicaux en Suisse, à Montana, sa robuste constitution lui permit d’assurer en 1930-31 une année de professorat en classe de sixième àLangonnet. Il termina ensuite sa formation personnelle à Chevilly, où il fut ordonné prêtre en 1932, et reçut son obédience pour le Sénégal, l’année suivante.

Mgr Grimault l’affecta à la mission de Kaolack, fondée en 1914 par Mgr Jalabert. Il y travailla onze ans, d’abord comme vicaire puis comme supérieur. Durant ce séjour, il ne s’absenta que six mois en 1935, pour rétablir sa santé à Montana. Il fut ensuite procureur à Dakar de 1944 à1948. Après un an passé comme supérieur de la maison de repos des spiritains à Grasse, il fut chargé de fonder la paroisse Saint-Joseph de Médina à Dakar. En 1951, Mgr Lefebvre le nommait curé de Saint-Louis et Vicaire général.

En février 1955, le Révérend Père Landreau était nommé Préfet apostolique de Saint-Louis du Sénégal. La Préfecture la plus ancienne de l’Afrique recevait ainsi de nouveau un titulaire propre et était détachée du Vicariat apostolique de Dakar. En plus de la zone sénégalaise (St-Louis, Louga, Linguère et toute la vallée du fleuve : Rosso, Richard-Toll, Podor, Matam, Bakel), sa juridiction s’étendait à tout le territoire de la République Islamique de Mauritanie.

Désormais, dans des conditions difficiles, Mgr Landreau allait assurer sans relâche l’assistance religieuse aux catholiques dispersés dans ces vastes pays. Perpétuellement « de service », vrai « baroudeur de Dieu », il allait, avec un entrain et une jovialité qui ne cachaient jamais son esprit profondément apostolique, « voler » et « rouler » inlassablement sur les longues pistes et au dessus des immenses espaces de tout son champ d’apostolat. Partout où il passait, il se faisait beaucoup d’amis, séduits par sa finesse d’esprit, sa gentillesse, son sens de l’aventure et sa belle foi pleine de bonhomie et même d’humour. C’est en Mauritanie que Dieu l’a rappelé à Lui.

Le mardi 15 juin 1965, l’avion qui décollait de Fort-Gouraud, fut plaqué au sol par une violente rafale de vent. Dans le choc, une hélice s’était détachée et avait blessé le Préfet apostolique. Quand il s’est senti touché à mort, et jusqu’à ses derniers instants, il est resté lui même, délicat, aimable, pensant aux autres, offrant sa vie pour la Mauritanie, et suppliant ses confrères de l’inhumer dans cette terre qu’il avait tant aimée.